Les malformations utérines proviennent d’une anomalie de formation, de fusion ou de résorption des canaux de Müller lors de la vie fœtale. La prévalence de ces troubles est variable selon les études, comprise entre 4 et 7 %. Ceci s’explique par l’absence de dépistage au sein de la population générale. Ainsi, de nombreuses femmes présentant une malformation utérine pourraient être totalement asymptomatiques lors de leur vie, d’autant plus en l’absence de désir de grossesse.
L’utérus dysmorphique
Les anomalies de forme de la cavité utérine sont décrites par des classifications d’imagerie. Certains utérus en T ont notamment été associés à une exposition au diéthylstilbestrol pendant la vie fœtale. Le retentissement doit être évalué selon les symptômes et les antécédents.
Une métroplastie d’agrandissement peut être discutée dans certaines situations, mais les données sur son bénéfice restent limitées. Une image d’utérus en T n’impose pas à elle seule une opération.
La décision dépend des antécédents, de la qualité du diagnostic et de la balance entre bénéfices incertains et risques opératoires.
L’utérus cloisonné
L’utérus cloisonné est caractérisé par un défaut de résorption de la membrane séparant les 2 hémi-utérus, sans défaut de fusion. L’utérus cloisonné est défini par des contours externes normaux, et la présence d’une indentation interne supérieure à 50 % du mur utérin.
Cette indentation constitue le septum (ou cloison utérine) à proprement parler. On distingue les utérus cloisonnés partiels (U2a) et totaux (U2b).
Selon certaines études, la présence d’une cloison semble affecter le pronostic obstétrical de manière importante, avec une augmentation du risque de fausse couche du 1er trimestre, encore plus important en cas de cloison complète. La présence d’une cloison augmenterait également le risque de fausse couche tardive et d’accouchement prématuré.
En cas de cloison, l’intérêt d’une incision hystéroscopique se discute avec la patiente. Les données et recommandations diffèrent selon qu’il s’agit d’infertilité ou de pertes répétées ; le bénéfice sur les naissances n’est pas certain dans toutes les situations.
L’utérus bicorne
La classe U3, ou utérus bicorporéal, comprend tous les défauts de fusion des 2 hémi-utérus lors du développement fœtal. Ils sont caractérisés par un fond utérin anormal, avec la présence d’une indentation externe de plus de 50 % du mur utérin.
Un utérus bicorne peut être associé à des risques obstétricaux, sans empêcher nécessairement une grossesse. La prise en charge et la surveillance dépendent de l’anatomie et des antécédents.
L’utérus unicorne
Un utérus unicorne correspond au développement d’un seul hémi-utérus, avec ou sans corne rudimentaire. Une exploration des voies urinaires peut être proposée, car des anomalies rénales peuvent être associées.
Le suivi tient compte des risques obstétricaux et de la présence éventuelle d’une corne rudimentaire. Un avis spécialisé permet d’expliquer les particularités du projet de grossesse.
L’aplasie utérine : une malformation rare mais existante
L’aplasie utérine correspond à l’absence de développement d’un utérus fonctionnel. Une équipe spécialisée accompagne le diagnostic, la santé sexuelle et les questions de parentalité. Une greffe utérine relève de programmes très spécialisés ; la gestation pour autrui n’est pas autorisée en France.
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Sources et origine du contenu
ASRM · Cloison utérine : indications et limites de la chirurgie
Article d’origine · Dr Fabien Krief
Article du site du Dr Fabien Krief, repris et adapté à la voix collective OVA. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni une prescription personnalisée.
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